Malus écologique 2026 et malus au poids : barèmes et calcul

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Acheteur d'une voiture neuve en concession calculant le malus écologique 2026 sur son bon de commande

Si vous avez commandé une voiture neuve fin 2025 et que vous la faites immatriculer cette année, la note de carte grise n’a plus rien à voir avec celle de votre voisin livré en décembre. Le malus écologique 2026 a changé de dimension au 1er janvier : le seuil de déclenchement est descendu à 108 g/km de CO2, le plafond est monté à 80 000 euros, et le malus au poids frappe désormais dès 1 500 kg au lieu de 1 600 kg. Selon une étude du cabinet Dataneo relayée par la presse spécialisée, près de 72 % des véhicules neufs vendus en France sont concernés par au moins une de ces deux taxes cette année.

Le problème, c’est que ces deux taxes se cumulent et qu’elles ne se calculent pas du tout de la même façon. L’une suit un barème gramme par gramme, l’autre un calcul par tranches successives. Voici comment retrouver le montant exact que vous paierez, quels abattements peuvent le ramener à zéro, et quels pièges coûtent le plus cher au moment de la commande.

En bref

Depuis le 1er janvier 2026, le malus CO2 démarre à 108 g/km (50 euros) et plafonne à 80 000 euros à partir de 192 g/km. Le malus au poids s’ajoute dès 1 500 kg de masse en ordre de marche, avec un tarif progressif de 10 à 30 euros par kilo excédentaire. Le total des deux taxes reste plafonné à 80 000 euros cette année. Les véhicules électriques et à hydrogène restent totalement exonérés, les familles d’au moins trois enfants bénéficient de 20 g/km et 200 kg d’abattement par enfant.

Ce qui a changé exactement au 1er janvier 2026

Les deux malus sont payés une seule fois, au moment de la première immatriculation du véhicule en France. Ils s’ajoutent au prix de la carte grise et sont réglés en même temps qu’elle, généralement avancés par le concessionnaire dans le prix affiché. C’est un point qu’on oublie souvent en comparant deux devis : certaines remises commerciales absorbent le malus, d’autres non, et l’écart entre deux propositions vient parfois uniquement de là.

Trois changements structurent le barème 2026. D’abord, le seuil de déclenchement de la taxe CO2 est passé de 113 à 108 g/km (norme WLTP). Ensuite, le montant maximal a grimpé de 70 000 à 80 000 euros, atteint dès 192 g/km au lieu de 193 g/km l’an dernier. Enfin, le seuil du malus masse est descendu de 1 600 à 1 500 kg, ce qui fait entrer dans le champ de la taxe des modèles qui y échappaient encore de peu en 2025, notamment des SUV compacts familiaux et des breaks essence.

Ces évolutions ne sont pas des surprises budgétaires de dernière minute : elles étaient inscrites dans la loi de finances pour 2025, qui a fixé la trajectoire du malus jusqu’en 2027.

Le barème du malus CO2 2026, gramme par gramme

Il n’existe pas de formule mathématique simple pour retrouver le montant : la loi fixe un tarif précis pour chaque gramme de CO2, de 108 à 192 g/km. La progression est très fortement accélérée dans le haut du barème, ce qui explique pourquoi cinq grammes de plus sur une fiche technique peuvent coûter plusieurs milliers d’euros. Voici les principaux points de repère du malus écologique 2026.

Émissions CO2 (WLTP)Malus 2026Type de véhicule concerné
Moins de 108 g/km0 ۃlectriques, hybrides rechargeables, petites citadines
108 g/km50 €Premier palier taxé
120 g/kmenviron 340 €Citadine ou compacte essence
130 g/km983 €Compacte essence, hybride simple
140 g/km2 205 €SUV compact essence
150 g/kmenviron 4 279 €Familiale essence, SUV 7 places
160 g/km8 770 €Grand SUV, berline puissante
170 g/km22 380 €SUV premium, pick-up
180 g/km45 990 €Sportive, gros SUV
192 g/km et plus80 000 €Plafond atteint

Le chiffre de CO2 à retenir est celui du certificat de conformité du véhicule précis que vous commandez, pas la valeur d’entrée de gamme affichée dans la brochure. Une jante de 19 pouces, un toit ouvrant ou une transmission intégrale font monter les émissions homologuées de plusieurs grammes. Demandez systématiquement la valeur CO2 WLTP de la configuration exacte avant de signer : c’est la seule qui sera reprise sur la carte grise, au champ V.7.

Le malus au poids 2026 : seuil à 1 500 kg et calcul par tranches

La taxe sur la masse en ordre de marche, souvent appelée malus au poids, s’applique à partir de 1 500 kg. La masse retenue est celle inscrite au champ G.1 de la carte grise, c’est-à-dire le véhicule avec les pleins de liquides et le conducteur forfaitaire de 75 kg, pas le poids total autorisé en charge.

Tranche de masseTarif par kilogramme
Jusqu’à 1 499 kg0 €
De 1 500 à 1 699 kg10 €/kg
De 1 700 à 1 799 kg15 €/kg
De 1 800 à 1 899 kg20 €/kg
De 1 900 à 1 999 kg25 €/kg
À partir de 2 000 kg30 €/kg

Un calcul marginal, tranche par tranche

L’erreur classique consiste à multiplier tout le poids excédentaire par le tarif de la tranche la plus haute. Ce n’est pas ainsi que ça fonctionne : le barème est marginal, exactement comme l’impôt sur le revenu. Chaque tranche ne taxe que la fraction de masse qui la traverse.

Prenons un SUV de 1 950 kg. Le calcul se déroule ainsi : 200 kg dans la tranche à 10 euros (2 000 euros), puis 100 kg à 15 euros (1 500 euros), puis 100 kg à 20 euros (2 000 euros), puis 50 kg à 25 euros (1 250 euros). Total : 6 750 euros de malus au poids, auxquels s’ajoutera le malus CO2 du même véhicule. Un modèle de 1 550 kg, lui, ne paiera que 50 kg à 10 euros, soit 500 euros. Le saut est brutal entre les deux, ce qui rend la chasse aux kilos très rentable au moment de choisir les options.

Comment calculer votre malus total en 2026

La méthode tient en quatre étapes. Relevez la valeur CO2 WLTP homologuée et la masse en ordre de marche de votre configuration exacte. Appliquez les abattements auxquels vous avez droit (voir plus bas). Lisez ensuite le montant CO2 dans le barème, calculez le malus masse par tranches, puis additionnez les deux. Dernière vérification : en 2026, la somme du malus CO2 et du malus au poids reste plafonnée à 80 000 euros, le montant maximal du barème CO2.

Concrètement, sur un SUV essence familial homologué à 150 g/km et pesant 1 780 kg, vous cumulez environ 4 279 euros de taxe CO2 et 3 200 euros de taxe au poids (200 kg à 10 euros plus 80 kg à 15 euros), soit près de 7 500 euros à ajouter au prix catalogue. C’est le montant qu’il faut intégrer dans la comparaison avec une motorisation hybride rechargeable ou électrique, avant même de parler de carburant.

Pour visualiser qui gagne et qui perd avec ce nouveau barème, cette enquête vidéo passe en revue les catégories de véhicules concernées et les arbitrages qui en découlent.

Les abattements et exonérations qui font vraiment baisser la note

Familles d’au moins trois enfants

C’est de loin l’abattement le plus puissant, et le plus souvent oublié. À partir de trois enfants à charge, vous bénéficiez d’une réduction de 20 g/km de CO2 et de 200 kg de masse par enfant. Une famille de trois enfants au volant d’un SUV homologué 140 g/km et 1 750 kg voit ses émissions retenues tomber à 80 g/km et sa masse retenue à 1 150 kg : les deux passent sous les seuils, le malus est nul. La demande de remboursement se fait auprès de l’administration après immatriculation, sur justificatifs de composition du foyer.

Hybrides rechargeables

Les hybrides rechargeables affichant plus de 50 km d’autonomie électrique en cycle urbain profitent d’un abattement de 200 kg sur la masse retenue, dans la limite de 15 % de la masse totale. Cet abattement se cumule avec celui des familles nombreuses. Compte tenu du poids des batteries, il ne suffit pas toujours à passer sous 1 500 kg, mais il fait souvent gagner une tranche entière.

Électriques, hydrogène et situation de handicap

Les véhicules 100 % électriques et à hydrogène restent totalement exonérés des deux malus en 2026, y compris lorsqu’ils dépassent largement 1 500 kg. Le projet de les soumettre au malus au poids en cours d’année a été abandonné. De leur côté, les personnes titulaires d’une carte mobilité inclusion mention « invalidité », ou dont le foyer compte un enfant titulaire de cette carte, bénéficient d’une exonération complète du malus, comme les véhicules aménagés pour le transport de personnes en fauteuil roulant.

Le cas des véhicules d’occasion

Acheter une occasion déjà immatriculée en France n’entraîne aucun malus : la taxe a été acquittée par le premier propriétaire. Deux situations font exception et méritent une vérification avant l’achat.

La première concerne les véhicules importés. Une voiture achetée à l’étranger et immatriculée pour la première fois en France déclenche le malus, calculé sur le barème de son année de première mise en circulation, avec une décote liée à son ancienneté. Sur un modèle puissant récent, l’addition peut dépasser le gain réalisé sur le prix d’achat, il faut donc simuler avant de s’engager.

La seconde, plus récente, découle de la loi de finances pour 2025 : depuis le 1er janvier 2026, certains véhicules qui avaient échappé au malus lors de leur première immatriculation, notamment ceux acquis sous carte mobilité inclusion ou par des missions diplomatiques, deviennent taxables lors de leur revente. Si vous reprenez ce type de véhicule, réclamez au vendeur la preuve de la situation fiscale du véhicule avant de payer.

Ce qui vous attend en 2027 et 2028

La trajectoire est déjà votée pour l’année prochaine : au 1er janvier 2027, le seuil du malus CO2 descendra à 103 g/km et le plafond montera à 90 000 euros. Le durcissement supplémentaire un temps envisagé pour 2028 (seuil à 98 g/km et plafond à 100 000 euros) a été écarté, le barème 2027 devant être reconduit.

Un point mérite d’être surveillé de près par les acheteurs de gros véhicules : la suppression annoncée du plafonnement du cumul entre malus CO2 et malus au poids à partir de 2028. Sans ce garde-fou, les deux taxes s’additionneront sans limite commune, ce qui changera nettement l’équation pour les modèles à la fois lourds et émetteurs.

Les réflexes à avoir avant de signer un bon de commande

  • Exigez la valeur CO2 WLTP et la masse en ordre de marche de votre configuration exacte, options comprises, et faites-les figurer noir sur blanc sur le bon de commande.
  • Vérifiez si une jante plus petite ou l’abandon d’une option lourde vous fait changer de tranche : quelques kilos peuvent valoir plusieurs centaines d’euros.
  • Demandez si le prix annoncé est malus inclus ou hors malus, la réponse varie d’un concessionnaire à l’autre.
  • Anticipez la date d’immatriculation : c’est elle, et non la date de commande, qui détermine le barème appliqué.
  • Si vous avez trois enfants ou plus, préparez vos justificatifs dès la commande pour obtenir l’abattement sans délai.

Questions fréquentes sur le malus 2026

Le malus s’applique-t-il à la date de commande ou de livraison ?

C’est la date de première immatriculation qui fait foi. Une voiture commandée en novembre 2025 mais immatriculée en février 2026 relève bien du barème 2026. Certains constructeurs proposent une garantie de prix couvrant le malus en cas de retard de livraison de leur fait, à faire préciser par écrit.

Les deux malus se cumulent-ils vraiment ?

Oui. Un véhicule lourd et émetteur paie les deux taxes, additionnées sur la même carte grise. Seul le plafond commun de 80 000 euros limite l’addition en 2026.

Un utilitaire ou un pick-up est-il concerné ?

Les véhicules de tourisme de catégorie M1 sont visés, ainsi que certains véhicules de catégorie N1 comportant au moins cinq places assises, ce qui inclut la plupart des pick-up double cabine. Les utilitaires purement professionnels à deux places restent hors champ.

Dans tous les cas, faites votre simulation avec les valeurs exactes de votre véhicule avant de signer. Entre le seuil abaissé à 108 g/km, le malus au poids qui démarre à 1 500 kg et un barème qui s’envole au-delà de 160 g/km, le malus écologique 2026 n’est plus une ligne annexe de la facture : sur un SUV thermique familial, il représente couramment l’équivalent de plusieurs années de carburant.

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